Halloween autour du monde


Mais pourquoi est ce que l’équipe de Voy’Agir parle d’Halloween? Il n’y a  rien de plus commerciale comme fête… Oui mais en fait non. Comme de nombreuses fêtes commerciales, Halloween à des origines culturelles passionnantes et surtout elle ne se célèbre pas partout pareil.

Elle devient une excellente excuse pour vous faire voyager, du Mexique au Japon en passant par l’Europe, et découvrir d’autres cultures, d’autres traditions que vous aurez peut-être l’occasion de voir et respecter bientôt.

Des Origines Celtes et une Histoire irlandaise avant tout…

Il y a 2 500 ans (presque jour pour jour, c’est beau) les Celtes fêtaient la fin des moissons et le passage à l’Hiver lors des processions du « Samain », le dieu des morts. C’était l’équivalent du Nouvel An, en gros. Cette tradition païenne a été suivi jusqu’à la christianisation progressive de l’Europe, et son interdiction au 6ème siècle.

A l’époque, il s’agissait surtout d’une fête pour se protéger : les nuits devenant plus longues, les fantômes pouvaient en profiter pour rendre visite aux vivants et Samain rôdait pour rassembler les âmes. Cette nuit là, les hommes éteignaient les feux de leurs foyers, y compris celui de l’autel sacré des druides et tout le village se réunissait autour d’immenses feux communs. Pour être sûrs de dûper les esprits mauvais, les gens s’habillaient avec des costumes terrifiants et se maquillaient de façon affreuse.

Deux siècles plus tard, la tradition renaît, en Irlande, avec la création de l' »All Hallows Eve » c’est à dire « la veille de tous les Saints » : la Toussaint.

irlande-cc-irene-davila-via-unsplash

Ainsi, Halloween est fondamentalement une fête irlandaise, et ça se sent. La tradition des grands feux de joies druidiques est perpétuée dans la plupart des villages d’Irlande. Les Celtes se déguisaient pour passer pour des esprits malveillants : les Irlandais pour récupérer un maximum de bonbons et de Barmbrack. Kézako ? Un pain brioché aux fruits confits, raisins secs et une myriade petits objets dedans (qui ont tous une signification).

Pour autant, le format irlandais d’Halloween est beaucoup plus discret que celui du cousin américain. C’est avant tout une fête communautaire, comme la Saint-Patrick, ce sont les habitants qui organisent eux-mêmes les festivités : une raison de plus de sortir des sentiers battus (des grandes villes) et de se tenir à l’affût !

… mais aussi une Histoire de citrouilles américaines

C’est quand même bien aux irlandais qu’on doit la version que l’on connait , enormisée par les américains. Lors de la grande famine irlandaise (vers 1840-50) et de la grande migration qui a suivi vers les Etats-Unis, Halloween ne s’est pas perdu en mer et a bien atterri dans le Nouveau Monde. Seulement, là bas pas de navet, et donc BOOM! l’emblème d’Halloween devient une Citrouille. [Si vous voulez connaître la légende du navet et de la citrouille, c’est par ici]

halloween-cc-hide-obara-via-unsplash

C’est pas fort ça? Parce que du coup au delà de l’aspect culturel d’Halloween fort intéressant, il est important de noter que l’emblème actuel, c’est à dire la citrouille, est un légume de saison. Un légume mis à l’honneur grâce à cette fête, car le reste de l’année peu de gens en consomment. Un moyen finalement assez drôle de conserver des « légumes anciens » si l’on puit dire.

Et puis tant qu’à parler d’Halloween à l’américaine, même si globalement pour le côté responsable, on repassera… il faut bien l’admettre, cette fête fait désormais entièrement partie de la culture étasunienne. D’ailleurs, s’il y a bien une ville qui représente bien cet esprit, c’est Salem.

Fêter Halloween toute l’année à Salem

Salem est connue pour sa chasse aux sorcières du 17e siècle. Depuis, la ville a toujours un voile noir posé sur son histoire. Plutôt que d’en pleurer la ville en a fait son folklore et à Salem c’est Halloween toute l’année. Grâce à ses musées, ses statuts de sorcières ou son cimetière où les innocentes victimes ont été enterrées… il est possible de fêter Halloween toute l’année.

Et le mois d’octobre, Salem revêt son plus sombre costume : zombie, fantôme, sorcière… il y en a pour tous les goûts ! Grâce au festival « Haunted Happenings » … effrayant !

Le Japon, entre tradition et cosplay

Comme dans la majorité des cultures, il existe au Japon une fête des morts : les festivités d’O-bon, « la fête des âmes ».

Ce qui n’empêche pas les japonais, fana de cosplays et de la culture populaire américaine, de s’être emparés de la fête d’Halloween. Ici, c’est avant tout une fête pour les jeunes adultes : pas « de trick or treat » pour les enfants. Seul Disneyland Tokyo organise un événement pour les bambins (mais bon… on s’est compris…). Bref, au pays du Soleil Levant vous croiserez un mélange détonnant de cosplayeuses frivoles et personnages de Ghibli allant en soirées déguisées. Rien de bien culturel, mais une bonne ambiance assurée surtout que les Japonais fêtent Halloween le vendredi et samedi le plus proche du 31 octobre : ils ont tout prévu!

Par contre à la mi-aout pour le « O-bon Festival », également appelé « Matsuri » ou encore « Urabon », les familles reviennent sur leurs terres natales pour se recueillir sur les tombes de leurs ancêtres. Ils préparent différentes spécialités et accrochent des lanternes rouges un peu partout avant de les mettre à flot, sur les rivières et les mers. Cette coutume symbolise le retour des aïeux au Monde des Esprits. Divers « feux accueillants » sont également mis en face des maisons et le long des chemins pour guider et accueillir les esprits, leur demander de rentrer à la maison. Dans les cimetières, les pierres commémoratives sont nettoyées et des danses communautaires sont effectuées.

Au Mexique, los dias de los muertos est une célébration sacrée mais aussi sacrément festive

Au Mexique la fête des morts, revêt une importance bien plus grande que la Toussaint aujourd’hui chez nous. Elle se célèbre le 1er et le 2 novembre. Depuis ses origines aztèques, et malgré l’influence des Espagnols catholiques et du voisin étasunien, ces festivités ont toujours eu pour but de rendre hommage aux morts de l’année et aux ancêtres mais contrairement aux célébrations chrétiennes, somme toute austères, ils le font d’une manière incroyablement festive.

Dias de los Muertos cc Cristian Newman via unsplash

Étonnant?

Pas vraiment, plutôt logique même. Los dias de los muertos explose de joie car c’est le jour où les défunts reviennent sur terre, rendent visite à leur famille et à leurs amis. À travers tout le pays, villes et villages vivent aux rythmes et couleurs du Carnaval. Adultes et enfants, vêtus de costumes chatoyants et parés de têtes de mort et de cercueils, défilent dans les rues. On se réunit devant et sur les tombes des défunts, pour manger, faire la fête et échanger quelques histoires.

Mais peu à peu se mêlent aux cortèges religieux sorcières et vampires en couche culotte. C’est un spectacle détonnant qui est même sponsorisé par Dame Nature : des papillons monarques arrivent en nombre incroyable, justement au début novembre pour se mettre à l’abri dans les sapins. Les Aztèques pensaient qu’ils portaient les esprits de leurs ancêtres ! Plutôt jolie comme croyance, non ?

En tout cas moi, ça me donne sacrément envie d’aller au Mexique…

Dias de los Muertos cc Jorge Gonzalez via Unsplash

Finalement, on peut constater que presque toutes les cultures ont un ou plusieurs jours pour célébrer leurs morts (d’autres traditions par ici: Thaïlande, Chine & Corée, divers pays d’Europe...). Halloween n’est qu’une de ces traditions, celle des cultures celte et anglo-saxonne. Si elle n’est qu’une fête amusante, effrayante et commerciale dans beaucoup de pays, dans certains elle fait bien partie intégrante de la culture locale.

Vous connaissez d’autres traditions dans le monde? Avez vécu des expériences culturelles intéressantes pour cette périodes de l’année? Partagez les ici !

Image Crédits: Cécile Dupire via Voy'Agir, Irene Davila via unsplash, Hide Obara via unsplash, Cristian Newman via unsplash, Jorge Gonzalez via Unsplash.


A propos de Marine

Globetrotteuse engagée, je suis la fondatrice de Voy'Agir que j'ai souhaité créer suite à un merveilleux voyage en Amérique Centrale et en tirant parti de mon expertise en Développement Durable et en Gestion de Projet.

Laissez un commentaire