Voyager sans partir, une façon de voyagir autrement 6


Des livres, des films, de la musique, des goûts, des visages, des rencontres, des détails, des odeurs … Il n’en faut souvent pas beaucoup plus pour voyager.

Au cœur de Voy’Agir, il y a la conviction que voyager est source d’ouverture d’esprit, de prise de conscience, et de bonheur. La conviction que voyager peut être vecteur de paix et bénéfique pour la planète. La conviction que rien ne sert de s’interdire de voyager, il faut voyager responsable. Mais, il n’empêche que nos déplacements ont un impact…

Du coup, voyager sans partir, voyager en restant ici, voyager en restant chez soi… c’est une manière de voyager avec une empreinte carbone super réduite ! 😉 dans le genre slow tourism, on fait difficilement mieux…. Ce que j’aime dans cette idée, c’est que voyager sans partir, c’est aussi l’opportunité de voyager encore plus souvent ! Pendant mon petit séjour au No Mad Festival, j’ai fait 4 rencontres qui m’ont donné l’idée de cet article. Et finalement, c’est tout le festival qui m’a fait voyager très loin, les pieds pourtant bien scotchés à Pontoise.

No Mad Festival 2017

Voyage autour d’un visage

Les premiers qui m’ont fait voyager c’est Jean Pierre Duvergé et Cyril Détrilleux. Le premier expose sur le festival une série de portraits magnifiques. Le second me pousse à imaginer l’histoire de ces hommes et femmes pendant un atelier d’écriture.

Cergy's Faces by JP Duvergé au No Mad Festival_2

Un par un je scrute ces visages. J’imagine leur histoire, le pays d’où ils viennent, le voyage du photographe qui l’a mené à leur rencontre. Je pars sur tous les continents, heureuse de découvrir tant de sourires si différents. C’est la première étape de mon voyage.

Ce n’est que plus tard, que je comprend que ces 200 visages viennent d’ici, de Cergy, là où moi aussi j’ai grandi (et oui ça vous ne le saviez pas, hein!) Quel beau voyage! Heureuse réussite de cette exposition puisque c’était justement l’objectif du photographe : montrer « les passerelles entre l’ailleurs et l’ici ». La collection est constamment alimentée dans cette série qu’il a appelé Cergy’s Faces.

Cergy's Faces by JP Duvergé au No Mad Festival

Avant de comprendre ça, j’ai déjà commencé à écrire la petite histoire de l’homme qui se cache derrière un des portraits. Et finalement cette fois c’est mon imagination qui me fait voyager. Ou plutôt qui le fait voyager, lui, le visage que j’ai choisi. Il va de Paris à San Francisco, de Bruxelles à Tombouctou en passant par l’Argentine et ses Tangos merveilleux. Je ne sais pas ce qu’il pensera de tout ça, mais en tout cas Cyril me propose d’envoyer le texte à cet homme que je ne connais pas mais dont j’ai inventé l’histoire. J’accepte.

Rencontrer celui qui vient de là-bas et qui est ici: direction le Bénin et Haïti

Le lendemain, je fais 2 autres rencontres incroyables: celle de Gérard Bassalé et d’Abner Septembre.

Gérard Bassalé est fondateur du centre culturel de Ouadada, au Bénin. Il me parle de ce qu’il fait, et du Bénin. Notamment il crée des circuits sur mesure pour les voyageurs, en allant à la rencontre d’artistes, de paysans et d’autres êtres vivants. Quand il m’explique que c’est grâce au Vaudou, que l’environnement du Bénin est bien conservé (dans la religion Vaudou la terre est sacrée, les arbres, les rivières, etc… aussi), je boirais ces paroles pendant des heures et surtout je partirais sur le champ découvrir ce pays. Mon imagination s’emballe. Et je m’engage même, devant témoin, à y aller dans les 5 ans à venir. Préparez vous à entendre parler du Bénin!

Bénin - 4 magnifiques photos

Abner, lui vient d’Haïti, et je suis particulièrement heureuse de le croiser, car la semaine dernière c’est son établissement qu’on a décidé de mettre en valeur dans la Newsletter. Le travail qu’il fait est remarquable: voyez-vous même, et nous développons comme avec Gérard des idées de collaboration. Du coup évidemment, je n’ai qu’une envie, c’est de changer l’itinéraire de mon prochain voyage pour passer par là. Heureusement, qu’un food truc de cuisine haïtienne m’attend sur le festival et que je peux étancher encore un peu plus ma soif de voyage en Haïti.

Haïti - 5 photos magnifiques

Quoi qu’il en soit Voy’Agir mettra en avant Haïti et le Bénin, c’est sur!

Rencontrer celui de la bas qui vit ici… ça ne s’arrête pas là

Après ces 2 belles rencontres et mon voyage d’hier, l’idée de cet article commence à se former de manière beaucoup plus concrète. Mon regard est attiré par un slogan: « le voyage solidaire à zéro kilomètre ». On est carrément dans le sujet!

Migrantour - 4 itinéraire: Montreuril, Massane, Belleville et la goutte d'or

Le slogan est porté par Bastina, qui porte à Paris le projet Migrantour. C’est une initiative qui existe dans plusieurs villes d’Europe (Paris, Milan, Turin, Rome, Lisbonne, Marseille…) et qui propose des ballades urbaines originales puisque orientées sur des quartiers populaires, souvent de migrants et délaissés par les touristes. Les guides sont des « accompagnateurs culturels », ils viennent de ce quartier, de cette culture et vous la font découvrir. Rdv garanti pour un grand voyage le temps d’une après-midi. J’adore le concept et on est vraiment dans la logique de cet article. Cela me fait d’ailleurs aussi penser à Alternative Urbaine qui propose des visites insolites tout en pratiquant l’insertion sociale… le slogan s’appliquerait aussi très bien.

Des souvenirs et des artisans qui font voyager

Qui n’a pas passé l’un de ses meilleurs moment de voyage (et le pire aussi) à la découverte de l’artisanat local et à la recherche du meilleur souvenir de voyage à garder précieusement ou à offrir? Mon appart en est plein. Plein de mes souvenirs de voyage. Plein des souvenirs de voyage de Mathieu. Plein de ceux de ses parents. D’ailleurs venir chez nous, c’est aussi une manière de voyager sans partir 😉

J’ai surement un préférence pour mon Djumbé. Rapporté du Togo il y a 10 ans. C’est aussi le plus encombrant et le plus abîmé. Syrah en a fait son arbre à chat et griffoir depuis des années, et on ne discerne plus la tête de la girafe ni celle de l’éléphant gravées dans le bois. Mais Ca reste mon préféré. Avec aussi mon Poncho, ramené du Pérou il y a 2 ans. Une perle que j’ai mis 2 semaines à choisir (sur 3 semaines de voyage) et qui ne me quitte jamais d’octobre à mars (demandez à tous mes amis, je suis la femme en poncho jaune). D’ailleurs, j’avais particulièrement apprécié l’artisanat au Pérou, contrairement à d’autres pays c’était à la fois d’une grande qualité, complètement artisanal, moderne et extrêmement varié (quand on aime la laine bien sûr).

Bref, au No Mad fest, toujours dans l’idée de nous faire voyager, a été créé un village d’artisans du monde. J’adore! L’occasion de bouger, de rêver, de faire des cadeaux, de dépenser ses sous pour qu’ils aillent là où c’est utile, souvent aussi l’occasion de rencontrer quelqu’un de là-bas qui est ici, et qui nous parlera de son pays et des techniques traditionnelles.

J’ai flashé sur 2 stands: Obaling et Korosol, les 2 me font partir direction Madagascar. A croire qu’après le Bénin et Haïti, cette île fait son nid dans ma tête.

Obaling, ce sont des objets de déco, des broches, des bijoux de tête, des noeux-papillons… réalisés ici, par Brinda Chan Ling qui elle malgache. C’est une artiste brodeuse, qui s’inspire de la nature de son pays d’origine et de ses voyages pour créer de véritables objets d’art à porter ou à exposer. Pour le travail nécessaire, j’ai trouvé les prix hyper raisonnables. Perso j’ai craqué pour ce bijoux de tête (ci-dessous (45€)), mais n’ayant pas de mariage cet été j’ai eu trop peur qu’il dorme trop longtemps dans ma boite à bijoux. Par contre j’ai passé un joli moment avec Brinda, qui m’a montré la technique de broderie qu’elle utilise. Quelle patience!!

Sac Korosol et Bijou Obaling

Le Stand d’à côté, coup de cœur aussi! Directement importé d’ateliers d’artistes-artisans du Madagascar. J’ai craqué pour un sac en rotin tressé, je vous laisse deviner lequel, photo ci-dessus. Mais je ne l’ai pas acheté non plus car j’ai promis que plus rien ne rentrer dans mon dressing pour le moment. Korosol a une boutique en ligne qui permet d’acheter des objets de 10 artistes différents: korosolshop.com et si vous êtes à Paris, ils ont un Pop Up Store à Montmartre jusqu’au 2 juillet.

Des festivals qui font voyager

Finalement, c’était une si belle idée ce festival. Si façon si facile de voyager sans partir. Du coup, on a décidé de vous faire la liste de tous les festivals à faire cet été. Surtout si vous ne pouvez pas partir, voilà un bon moyen de voyager. Car voyager, vous l’aurez compris, c’est avant tout une question de rencontres et de découvertes. Donc voyagir c’est possible, partout et tout les jours, même sans partir.

Et on commence dès ce week-end avec le Festival de films de voyage Partir Autrement organisé par l’ABM.

 


A propos de Marine

Globetrotteuse engagée, je suis la fondatrice de Voy'Agir que j'ai souhaité créer suite à un merveilleux voyage en Amérique Centrale et en tirant parti de mon expertise en Développement Durable et en Gestion de Projet.

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